Cycle de conférences :

La philosophie sous l'angle de la pratique

La philosophie Antique


Porté par Extension UMONS en collaboration avec la SoPhiHa.



Aujourd’hui, la philosophie est généralement vue comme une discipline théorique et particulièrement abstraite. Or, de tous temps, mais peut-être davantage encore dans l’Antiquité, la philosophie est un art de vivre, voire même une thérapie de l’âme. Certes, elle n’est pas exempte de considérations théoriques, mais celles-ci n’ont souvent de sens que si elles se traduisent immédiatement dans une pratique. Sans doute, théorie et pratique forment-elles un tout, car la manière dont on pense et dont on voit le monde est et doit être intimement liée à la manière dont on vit.


En orientant l’approche de la philosophie antique sous l’angle de la pratique, ce cycle de conférences, permet d’aborder l’histoire de la philosophie sous un angle différent, en mettant notamment en avant d’autres philosophes que ceux que l’on retient le plus souvent pour cette époque. Il permet aussi d’envisager la philosophie sous un aspect trop souvent laissé de côté aujourd’hui et qui rappelle pourtant son sens premier : devenir ami de la sagesse. On verra pourtant que la sagesse dont il est question ne se réduit pas à une sagesse populaire, mais que la philosophie se conçoit toujours comme en rupture avec la doxa, la pensée dominante.



Où ?

Université de Mons, campus Plaine de Nimy, centre Vésale, auditoire La Fontaine. Consultez ce Plan d'accès. L'accès aux conférences est gratuit pour tout le monde.





Introduction: la philosophie comme pratique

par Gaëlle Jeanmart

18/10/18 - 18h15

On peut opposer deux figures du philosophe, le sage et le savant, celui qui incarne dans sa vie un certain nombre de principes et l’érudit, le professeur. C’est deux figures se sont échelonnées dans le temps : dans l’Antiquité, le philosophe était un sage, il est aujourd’hui plutôt un savant. Mais à partir de quand et pour quelles raisons le philosophe renonce-t-il à l’ambition d’être une figure de la sagesse, pour être un intellectuel ? Ce préambule sur l'histoire de la philosophie sera utile pour nous éviter de projeter notre vision actuelle sur la philosophie antique. On pourra donc alors en comprendre la dimension pratique et l'enjeu de transformation de soi qu'elle porte.

Diogène et les cyniques: entre perspicacité et insolence

par Lambros Couloubaritsis

22/11/18 - 18h15

Qualifié par Platon de « Socrate devenu fou », disciple d’Antisthène qui enseigna qu’il fallait s’émanciper des mauvaises habitudes et modèle d’une série de figures qui adoptèrent sa pensée (Monime, Cratès, Hipparchie, Bion, etc.), de Sinope s’appliqua à ébranler les valeurs culturelles selon la métaphore de falsifier délibérément la monnaie. Déranger tout être humain, y compris Alexandre le Grand, par l’insolence et des attitudes inopportunes ou scandaleuses, fut la volonté permanente de Diogène et des cyniques. Il s’agissait de stigmatiser la domination des passions, de la vanité, des désirs inutiles et des superstitions au nom de la sobriété, de la non-citoyenneté (a-polis), du sans abri (a-oikos) et de l’irreliogité, attestant d’une perspicacité philosophique inédite qui doit nous interpeller face à la complexité de monde technico-économique et politique contemporain.

Les stoïciens

par Gaëlle Jeanmart

13/12/18 - 18h15

C’est essentiellement sur l’éthique stoïcienne qu’on se penchera ici. Les stoïciens visaient l’apathie, l’absence de passion, c’est-à-dire une sorte de sérénité qui permet notamment la constance des attitudes et la rationalité des choix de vie. Mais qu’ont-ils mis en place pour y parvenir concrètement ? Nous présenterons quelques-uns de leurs exercices spirituels pour y parvenir, en lien avec leur théorie sur la nature de la passion et plus largement de la connaissance. C’est ainsi un mixte étroit de théories et pratiques qui nous occupera, montrant par là qu’elles ne s’opposent pas, mais se nourrissent mutuellement dans ce courant de pensée.

Epicure : vivre et penser comme un porc ?

par Alexis Filipucci

17/01/19 - 18h15

Comment peut-on mettre en pratique aujourd'hui une pensée antique ? Cela est-il seulement possible et désirable ? Nous proposerons comme tentative de réponse à cette question le paradigme de la « mise à jour ». Il s'agira dès lors pour nous d'esquisser les traits d'une mise à jour de la philosophie d'Epicure et de comparer ce portrait de l'épicurisme à celui qui en est habituellement dressé.

Les sceptiques et la pratique de la suspension du jugement

par Marc Antoine Gavray

21/02/19 - 18h15

Le sceptique n’est pas celui qui doute de tout, mais celui qui rejette toute certitude sur l'objet extérieur. Nous regarderons les formes de ce courant de pensée dans l'Antiquité (Pyrrhon, Nouvelle Académie, néo-scepictisme) et examinerons comment leur principe de la suspension du jugement ne les a pas pour autant menés à l’inaction.


Cycle organisé par Antoine Brandelet (antoine.brandelet@umons.ac.be) et Anne Staquet (anne.staquet@umons.ac.be) en collaboration avec Extension UMONS.

Programme

  • 18 octobre 2018 : Introduction : La philosophie comme pratique
  • 22 novembre 2018 : Diogène et les cyniques
  • 13 décembre 2018 : Les stoïciens
  • 17 janvier 2019 : Les épicuriens
  • 21 février 2019 : Les sceptiques
Les conférences ont lieu à 18 h 15 à l'auditoire La Fontaine, centre Vésale, campus Plaine de Nimy, UMONS. L'accès aux conférences est gratuit pour tout le monde.


Autre Chose...

Séminaire Spinoza

Généralement, on aborde les philosophes à partir de la présentation de leur œuvre qu’en font les interprètes. Il s’agira ici de renverser la démarche : apprendre à connaître un auteur par la lecture d’un de ses textes majeurs. Cette année : Le traité théologico-politique de Spinoza.


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